30 octobre 2006
Claude Jolicoeur, md. Montréal Qc
Le docteur Jolicoeur n'est pas seulement pédopsychiatre, il est aussi poète! Je le remercie chaudement de bien vouloir me prêter ce magnifique poème qui parle si bien des autistes et de ce que peuvent ressentir les parents. Visiter le site du docteur Jolicoeur en cliquant ICI.
L'enfant autiste
Vient de naître un enfant,
Qui me paraît en dehors du temps,
Car jamais il ne me sourit,
Ou ne pleure souvent la nuit.
Vient de naître un enfant,
Qui fuit la chaleur de mes bras,
Et se croit déjà bien grand,
Voulant s'éloigner à chaque pas.
Vient de naître un enfant,
Qui fuit toujours mon regard,
Et ne me donne aucun égard,
Même devant mille présents.
Moi, je ne comprends rien,
À toute cette mauvaise humeur,
Qui l'aime avec tant de ferveur,
Mais ne ressent que du chagrin.
Y a-t-il au loin une lumière,
Qui m'indique un peu le chemin,
Et ouvre les portes du destin,
Et améliore un peu notre univers.
Qu'il reconnaisse enfin ma voix,
Et me dise aussi son désarroi,
Et sache la senteur de chaque fleur,
Et du monde le nombre de splendeurs.
À moins qu'il ne soit déjà un dieu,
Qui regarde la terre de bien haut,
Et n'ait besoin de faire de travaux,
Et que seul il se croit bienheureux.
Vient de naître un enfant,
Qui me paraît en dehors du temps,
Car jamais il ne me sourit,
Ou ne pleure souvent la nuit.
Claude Jolicoeur
Montréal, avril 96
29 octobre 2006
Raymonde Verney
Un énorme merci du fond du coeur à Raymonde Verney qui m'a fait parvenir cette poésie. Une poésie qui nous parle de l'autisme. L'autiste qui est si loin tout en étant si près de nous...
Les enfants de la lune.
Deux enfants posent leurs regards embués
Sur un quart de lune troublant l’hémisphère
Un pan d’oubli affecte leur témérité
Ils sont issus d’un affaissement de la terre
Deux enfants par la main se tiennent décidés
A survivre, à outrer le destin invisible
Ils interpellent les grimaces divines
De leur candeur jaillit une eau parfumée
Deux enfants font rougir la vie
Pourquoi dans nos berceaux nous avoir trahis ?
L’illusion se courbe, vétuste, dérisoire
Pardonnez lui son absence il se fait tard
Deux enfants façonnent des bruits
Ils essayent de saisir l’absurde et le néant
Ils sont autistes épigramme à l’en-tête de la nuit
Une virgule s’est égarée sur la lune des revenants
Raymonde Verney
LITURGIE D’ANGE
Un enfant au doux visage
Attrape l’ovale du temps
Afin d’y calquer ses songes fascinants
D’une larme il éconduit l’erreur de son âge
Un enfant percute la rage de vivre
Bercé par une note qui s’éteint hallucinée
Un sourire se meut ,ombre déterminée
Dans le crépuscule où l’hiver flamboie ivre
Un enfant raconte à une fleur ses espoirs
Cette violette épanche ses senteurs sur un front fiévreux
Osmose soudaine, élégance de la nuit qui se laisse éconduire
Caresse du sommeil, étreinte d’un avenir vieux
Un enfant s’est perdu dans les nuages essoufflés
Une musique douce apaise son destin
Toi, dont l’innocence pèche par sa douleur !
Pardonne la faute du grand veneur
Raymonde verney
PLANETE DES AUTISTES
Dans une bulle d’encre ma plume s’est endormie
Elle fit un songe défrayant l’insomnie
Elle aperçut des enfants au sourire rose
Des anges habitants d’une planète à peine éclose
Ma plume s’est assise à l’ombre d’un noisetier
S’approchèrent les petits leur parole rassura l’éloquence
Ils contèrent des pays effacés par l’éternité
Et me décrirent des paysages en transhumance
Ma plume de ces récits s’est égayée
Elle se prit à aimer ces anges arbitres du ciel
Dans sa raison elle les enveloppa et indexa ses feuillets
Leurs chants firent écho aux arcs-en-ciel
Ma plume se fit entendre dans l’univers
J’ai vu un ange sourire au rayon du matin
J’ai posé mon doigt sur leur silence saturnien
J’ai saisi la nuance de leur pensée éphémère
19 décembre 2005
Où es-tu mon enfant ?
Ma fille qui regarde le lac avec ses yeux d'enfant pour la vie...
L'autisme me tue où elle vit...
Mon enfant tu ne souris jamais
Ou quelquefois mais à tes jouets
Qu’y a-t-il qui te déplaît ?
Que caches-tu sous ces traits ?
Mon enfant, tu m’ignores totalement
Mon corps semble transparent
Tu ne dévoiles aucun sentiment
Tu deviens si indépendant...
Mon enfant sort de ta prison
Viens vers nous qui t’aimons
Entre dans notre maison
Découvre comme tout y est bon.
Mon enfant qui vit si loin
Si je te tends la main
Tu t’isoleras dans un coin
Qu’aucune affection n’atteint.
Mon enfant, quel mal t’aurais-je fait ?
Je crois n’avoir aucun regret
Car même si tu te détachais
Sur mon coeur je te rapprocherais.
Pourtant la musique te rejoint
La lumière du matin
Une ficelle de satin
Une étiquette de pantin...
Tu fixes les lumières
Tournes des roues assise par terre
Te frappes la tête par derrière
Mais parfois dans nos bras tu te terres.
Je t’aime et te chéris
Et pourtant mon coeur crie
Pour te ramener à la vie
Te dire que nous sommes ici...
Mon enfant, je me noie dans tes yeux
Et, même si tu es à mille lieux
Enfouis dans ton monde de Dieu
Je t’accompagnerai de mon mieux.
Nous sommes au fond du couloir
Il te faut marcher dans le noir
Que ton rêve de nous voir
Devienne notre seul espoir...
Je t’ai donné la vie
Tu voudrais avec envie
Vivre dans le jour
Mais tu marches dans la nuit.
Ta maman... Soupir (Denise)






