Soupir au salon avec des amis...

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08 décembre 2005

Philippe Deleval (France)

beffroi1

ARTOIS


Mon beau
pays d'Artois aux monotones plaines
Hérissées ça et là de collines lointaines
Et dressant tes beffrois dans un ciel de grisaille
Ma terre de silence, ma terre de semailles

Tes canaux indolents trouant tes champs de blé
Tes flâneuses péniches allant leur pas tranquille
Les passants hésitants dans le tourment des villes
Sur les champs de bataille tes morts désespérés

Mon beau pays d'Artois allant te suicider
Aux falaises de nacre des plages désertées
Tes ports mélancoliques aux parfums de voyage
Les portes de la mer pour dernier paysage

Je voudrais me creuser une fosse profonde
Me fondre dans tes blés aux chevelures blondes
Sentir battre ton cœur au sein de mes poumons
Boire tes chants d'amour, m'enivrer de ton nom...



Phillipe Deleval.

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05 décembre 2005

Nos textes se rejoignent...

Déjà au moins 2 ans que je connais Philippe Deleval. Cet homme sachant écrire de la poésie mais surtout sachant comment me faire rire...

Ici ce sont des textes qui furent mit un à la suite de l'autre en bonne camaraderie... Juste pour s'amuser comme des gosses quoi !!!

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J'ai lu ce que tu avais écrit au sujet de l'écriture automatique sur les poètes et j'ai souhaité te montrer ceci:

Voici maintenant deux ou trois orages que le monde s'est terni.
Et que blanchâtres des yeux me regardent hostiles.

Que la femme bleue m'observe.
Languissante.

Et que trouées, les étoiles meurent......

Philippe Deleval
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Peut être écrire du rien
Des bouts de vide
sur les pierres écornées
ou dans un ciel d'orage

Philippe Deleval
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Lorsque l'orage sera passé
N'attends plus sous la pluie
Ne saisi que le vide
Entre les gouttelettes

Denise Girard.
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L'avenir?

Le banc où j'irai m'asseoir
Tout habillé de blanc silence
Et fouillant de mes mains avides
L'inerte instant du regret

Philippe Deleval
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L’avenir…

Mes mains fouillant le silence
Du banc où tu seras assis
Ouvre la porte d’un avenir
Incertain…

Serais-je nue comme au premier matin
Où la vie m’a dessinée?

Denise Girard.

Posté par Soupir14 à 22:06 - 3- Poésie de mes amis... - Commentaires [0] - Permalien [#]

02 décembre 2005

Philippe Deleval (France)

Douloureux silences.
philippedeleval_196508309_silence

Le silence vide et pesant
Des nuits où l'on ne peut dormir
Des nuits d'attente et de prière
Où le coeur froid appelle à l'aide

Le silence des mains tendues
Dans l'invocation de l'amour
Silence des enfants de la guerre
Aux yeux sombres remplis d'effroi

Silence de tous les non-dits
Des confidences avortées
Dans la noirceur de la discorde

Le silence perdu de la méditation
Dans le monde crissant
Qui fait notre aujourd'hui

Le silence trop plein
Des larmes et des souffrances
Qui nous dit de hurler
Ou qui nous fait pleurer

Et ce silence assourdissant
Des poètes qu'on a fait taire
Des colombes ensanglantées
Qui ont voulu briser la haine

Silence de la solitude
Silence des nuits sans sommeil
Silence cueilli aux fontaines
Silence des étoiles lointaines

Silence... Silence...

Philippe Deleval.

Posté par gastonlebrave à 23:52 - 3- Poésie de mes amis... - Commentaires [0] - Permalien [#]

Philippe Deleval (France)

Nostalgie.

Albert dans ce café avait ses habitudes
Buvant des petits coups avec l'amie Gertrude
Coude souvent levé et joyeux compagnon
Déversant en sa bouche de très nombreux litrons
Etienne aussi venait y boire des petits coups
Faut dire qu'il finissait bien souvent à genoux
Gaiement tous ces arsouilles éclusaient à foison
Histoire de rire un peu d'oublier le guignon
Il ne manquait que moi et je m'y hasardai
J'entrai dans ce café et puis je commandai
Kir cognac double scotch vin rouge tout y passait
Les bacchantes n'aiment point les adeptes imparfaits
Ma présence en ce lieu fut bientôt appréciée
Nul lorsque je rentrais nul ne me rejetait
Oh noble estaminet endroit de mes bonheurs
Pût-il être encore là aujourd'hui à cette heure
Que des temps révolus des beuveries nocturnes
Reste encore un éclat dans mon coeur taciturne
Souvent je dois le dire je repense aux moments
Tellement arrosés tellement excitants
Un regret me taraude un brin de nostalgie
Vient agacer mon âme et dans ma rêverie
Whiskies dans des grands verres bourgognes enchanteurs
Xérés au goût si doux bordeaux chers à mon coeur
Y viennent égayer de leur tendre chaleur
Zeste de souvenir mes songes de rêveur

Philippe Deleval

Posté par gastonlebrave à 02:55 - 3- Poésie de mes amis... - Commentaires [0] - Permalien [#]

28 novembre 2005

L'exilé. (R.Vitton)

La Mer lâche ses goélettes

Et charrie dans les ports ses débris ses squelettes

Ses herbes ses chansons ses bouquets de violettes

La Mer me laisse sur ses grèves

Ses ailes ses chagrins ses bouteilles ses rêves

Ses musiques ses mots ses longues et ses brèves

La Mer brusque les harengères

Froisse les plumetis des lascives lingères

Et lie dans mes idées des barques naufragères

Ma tête de fou

Ne grisonne guère

Ma tête de fou

Ne grisonne pas

La Mer m’empêtre dans ses cordes

Ses harpes ses voiliers ses forçats se discordent

Je livre mes pensées à sa miséricorde

La Mer sur ses rives rivales

Délaine ses moutons dessale ses cavales

Ses chœurs trompent mes soifs et mes faims estivales

La Mer corne toutes mes pages

Ses encres vertes bleues grises noires tapagent

Et ses oiseaux criards percent mes équipages

Ma tête de fou

Ne grisonne guère

Ma tête de fou

Ne grisonne pas

La Mer brise ses balancelles

Violente ses violons voile ses violoncelles

Raisonne ses tambours et joue les jouvencelles

La Mer dans ses grands champs étales

Sous ses ciels étamés me couvre de pétales

Sur de visqueux étals ses plus beaux fruits se talent

La Mer m’énarre ses voyages

Et tandis que les chants d’Orphée louent ses sillages

Les filles de Nérée m’ouvrent leur coquillage

Ma tête de fou

Ne grisonne guère

Ma tête de fou

Ne grisonne pas

Venez à Corfou

Je mourrai pour vous



Robert Vitton 2002

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06 octobre 2005

Stéphan d'Augûre (Québec)

Ton arbre.


Quand je vois ton Arbre
Ses branches étendues
Les bras levés vers le Ciel;
J'entends l'Écho de tes mots,
Comme une brûlure d'Amoure
Dans la poitrine entendue par les Anges...
Tu te penches de la Terre
Du Tréfonds de ses entrailles
En criant à la Vie clair et haut,
Que l'on Te libère
S'il ne vient pas Te prendre...
Tu es Seul et Solitaire,
Tu es Belle et Blanche,
Quand danse ta Peau sur le Vent
De la Musique et des Chants,
Si le Temps est un Bouleau...
 

Stéphan d’Augûre

Posté par dAug à 09:22 - 3- Poésie de mes amis... - Commentaires [0] - Permalien [#]

04 octobre 2005

Soupir et Jacques (Une muse... Un poète...)

Jacques Gourvennec a toujours été pour moi une source d'inspiration intarissable... Merci Jack !         

Couche de songes...(Soupir)

Sur la couche des songes, une brume vanillée
Dessine tes mains creusant mes sables humides
Nos langues évadées s’emmêlent de leurs teintes
De leurs couleurs chaudes qui s’inventent
Mon corps s’ajuste à l’atout de ton pastel
Tel un sculpteur se noyant sur ses formes
Ton pinceau dégage le roseau d’encre.

Enlumine mon vase creux.

Sur la couche des songes, une brume vanillée
Dessine tes mains de mes dunes mouvantes
J’ondule mes courbes
L’esquisse d’une débauche tortillée
Au bout de la toile, je chante
M’éloignant des lignes sourdes.

Illumine mon vase creux.

Sur la couche des songes, une brume vanillée
Une coulée de feu efface le bleu
L’uni se glisse sur la raison en coulis
Sur des points frissonnants de vagues délayées
Je suis l’aquarelle de ta vie

La d’ébauche de tous tes Dieux.

Enlumine mon vase creux.

Soupir, 2003

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Merci (Jack)
Tue Sep 9 06:49:31 2003
213.41.189.12

Couché sur la page
Pour quelques images... jamais oubliées
Pour celle que l’on aime
Et pour qui l’on sème... des mots insensés
Un peu de nos gestes
Un parfum qui reste ... Un rêve d’été

Cherchant sous ses robes
Parfumées de l’aube et pour s’enivrer
D’une fleur sauvage
Dans ses paysages... mouillés de baisers

D’un amour sans fin... qui me vint soudain
Comme une romance
Donner à la vie... le souffle infini ...De l’adolescence

Comme un oiseau blanc... qui soudain descend
Étirer son aile
Au coin d’une rue... d’une ombre perdue
Quand l’heure se fait belle

Aux corps enlacés... au vent régulier
Comme une aube douce
Et qui prit ma main...au petit matin
Quand l’automne pousse


Un doux sentiment... comme un frôlement
Et puis qui se donne
A mon coeur touché... à ses doux baisers
Qu’au rêve s’abandonne

Je ressens souvent comme un coeur se fend
Aux vents de l’automne
Quand la nuit descend...son souffle touchant
Comme un chant résonne

Couché sur la page
Pour quelques images... jamais oubliées
D’amour sur la plage
le long du rivage... nos corps enlacés

Et de courses folles
Dans les vagues folles... si vite oubliées
Et son doux visage
Et pour tout bagage... un rêve envolé

Jack.

Posté par Soupir14 à 17:34 - 3- Poésie de mes amis... - Commentaires [0] - Permalien [#]

02 octobre 2005

Appaullion (Québec)

Promenade nocture.



Je divague souvent la nuit lors de longues marches nocturnes,
Fredonnant la beauté des étoiles et même celle de Saturne,
Me perdant en des contrées étranges aux âmes endormies,
Mes yeux frôlant les secrets des dieux et des momies.

J’arpente le temps, traverse les origines de nos interdits,
M’exaltant à creuser plus loin que ce que la vérité perdit,
Car dans les histoires qu’écrivent les royaux vainqueurs
Se cachent souvent leurs sourires des plus moqueurs

Ceux qui sortent le cœur intact du célèbre gouffre
Qu’est la victoire oublient souvent les autres qui souffrent.
L’ego du conquérant déborde de la fierté même du perdant
Qui lui reste intact dans l’amour de son intention de défendant.

Je virevolte vers l’étrange royaume de la famille géante,
Au seuil de vos peurs où s’étend une frayeur dérangeante,
Là où les hommes se rencontrent, à la croisée des chemins
Dans la fosse interdisant de rêver d’un éternel lendemain.

Je m assois à la lisère du simple pas qu’il me reste à franchir
Pour rejoindre le nombre de ceux que la terre flétrie déchire,
Contemplant l’immensité d’un monde qu’on se plaît à oublier,
Trop préoccupés par notre propre course folle vers la fin du sablier.

Le sentiment de se sentir si petit et vulnérable devant le destin
Reste marqué sur le front de quiconque prend part au festin
Où nous invite la famille géante, mais hélas! il restera toujours
Que pour plusieurs, c'est la nuit même en pleine fraîcheur du jour…

Derrière les apparences trompeuses, la vie perd de sa saveur
Parce que trop souvent le plus réveillé des hommes, c’est le rêveur…
Celui qui verse des larmes n’est pas toujours celui qui a le plus de douleur.
Les apparences se cachent souvent derrière des masques menteurs.

Cette nuit, je divague dans une longue marche vers la véritable lumière.
Je n’atteindrai sûrement que l'aurore du mystère, fatigué et fier,
Mais je me serai au moins plus approché de la vérité qui émerveille
Que la majeure partie d'un monde sombre distant des rayons du soleil…

Appaullion

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Appaullion (Québec)

Dans le silence de la nuit.



Je pénètre dans la chambre à la lueur d’une chandelle.
Sur ta peau à moitié dénudée danse cette pâle flamme.
De mes yeux éblouis je caresse le contour de ton âme
Qui imprègne cette pièce riche de sa douceur éternelle.

Derrière tes paupières closes prennent vie des milliers de rêves
Qui s’envolent de tes cheveux pour nourrir le cœur des anges.
La nuit recouvre jalousement de son silence ce concert étrange
Au firmament céleste de ta beauté qui jamais ne s’achève.

Tu transperces l’obscurité à travers la fenêtre de mon cœur,
Étoile de mes yeux qui accompagne la lune de mon âme,
Et jamais je n'aurais cru que mes sentiments pour une femme
Éclairent si bien la nuit que ne meurent mes craintes de la noirceur.

Tout doucement, je m'allonge sur le grand lit du bonheur
Et je sens la chaleur de ton corps parfumé atteindre mon ciel.
Je laisse mes lèvres déposer un baiser sur ta peau de dentelle
Pour ensuite m’endormir dans le confort de ton cœur…

Appaullion

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01 octobre 2005

Alain Dukarski, France

J'imaginais.


J'imaginais un soir de lune
Caresser l'ombre de vos nuits
Loin de nos chemins d'infortune

J'imaginais au fond d'un puits
Jeter les maux de votre histoire
Les pépins de mes mauvais fruits

  J'imaginais vaincre sans gloire
Les démons de votre passé
Qui vous encombrent la mémoire

  J'imaginais en un été
Gommer l'hiver et ses souffrances
Pour un climat ensoleillé

  J'imaginais dans mes errances
Savoir être enfin celui qui
Aurait su combler vos silences

J'imaginais mais aujourd'hui
Comment pouvoir me satisfaire
De ne plus être votre ami ?

J'imaginais... Dois-je me taire ?

 

Alain Dukarski  10/06/2004

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